L’introduction d’espèces exotiques envahissantes est l’une des causes majeures d’atteintes à la biodiversité au niveau international.

 

Problématique

Qu’est-ce qu’une espèce exotique envahissante ?

Une espèce exotique envahissante est une espèce exotique, dite aussi allochtone ou non indigène, dont l’introduction par l’homme, volontaire ou fortuite, sur un territoire menace les écosystèmes, les habitats naturels ou les espèces indigènes avec des conséquences écologiques, économiques et sanitaires négatives. Le danger de ces espèces est qu’elles accaparent une part trop importante des ressources dont les espèces indigènes ont besoin pour survivre, ou qu’elles se nourrissent directement des espèces indigènes. Les espèces exotiques envahissantes sont aujourd’hui considérées comme l’une des principales menaces pour la biodiversité.

Une menace particulièrement forte en outre-mer

La menace des espèces exotiques envahissantes est particulièrement forte en outre-mer, car la petite surface des îles et leur isolement géographique rend les espèces indigènes, présentant par ailleurs un fort taux d’endémisme, très vulnérables aux espèces exotiques.

Dans ce contexte, dès 2009, la lutte contre les espèces exotiques envahissantes portant préjudice à la biodiversité dans les départements et les territoires d’outre-mer a fait l’objet d’un programme d’actions. Ce programme prévoyait de développer une réglementation spécifique à chaque territoire, de mettre en place un système de veille et d’éradication rapide, de mettre en œuvre des plans de lutte et de renforcer les actions de police de la nature et de communication.

Quelques exemples d’espèces exotiques envahissantes en outre-mer :

  • la liane papillon Hiptage benghalensis à La Réunion ;
  • la tourterelle turque Streptopelia decaocto en Guadeloupe ;
  • le rat noir Rattus rattus dans différentes îles ;
  • l’iguane vert Iguana iguana en Martinique et en Guadeloupe.

La métropole également concernée

De par sa diversité de climats et de milieux, sa position de carrefour géographique en matière de flux de marchandises et de personnes entre l’est et le sud de l’Europe, le territoire métropolitain est fortement touché par la présence d’espèces exotiques envahissantes.

Introductions volontaires (comme le ragondin Myocastor coypus ou le vison d’Amérique Neovison vison, pour l’exploitation de leur fourrure) ou fortuites (comme le frelon asiatique à pattes jaunes Vespa velutina ou jussie rampanteLudwigia peploides), certaines espèces causent des dommages importants aux écosystèmes et peuvent avoir des impacts économiques et sanitaires importants, notamment sur les activités agricoles et forestières. À ce jour, aucune disparition d’espèce liée à la présence d’espèces exotiques envahissantes n’a été constatée en Europe, mais la menace est réelle au regard de possibilités d’hybridations fertiles entre espèces indigènes et espèces exogènes proches : c’est le cas notamment de l’érismature à tête blanche Oxyura leucocephala, espèce de canard plongeur aux effectifs très réduits en Europe et Asie centrale, qui s’hybride avec l’érismature rousse Oxyura jamaicensis, espèce nord-américaine importée à des fins décoratives, ou bien du vison d’Amérique avec le vison d’Europe Mustela lutreola.

Des voies d’introduction multiples et en augmentation

Les espèces ont de tout temps voyagé : dissémination des graines par le vent et les animaux, déplacements naturels liés aux bouleversements climatiques et géologiques, plus récemment colonisations humaines qui emportaient avec eux les espèces utilitaires et les commensaux. L’accélération des flux de transit à l’échelle de la planète (marchandises, tourisme, flux migratoires forcés…) a renforcé d’autant l’introduction, volontaire (à des fins utilitaires ou d’ornement) ou fortuite de nouvelles espèces, par voie terrestre (route, ferroviaire), fluviale, aérienne ou maritime (eaux de ballast des navires).

Toutes les espèces introduites ne deviennent pas invasives, la proportion est de 1 espèce sur 1000. Pour ce faire, quatre barrières doivent être franchies :

  • introduction : une espèce est transportée sur un territoire dont elle n’est pas originaire ;
  • acclimatation : l’espèce réussit à survivre sur son nouveau territoire d’introduction. Cet aspect est favorisé par des écosystèmes fragilisés par des perturbations anthropiques ;
  • naturalisation : l’espèce arrive à se reproduire sur son nouveau territoire ;
  • expansion : l’espèce colonise ce territoire et s’étend. Le caractère envahissant se caractérise par une extension rapide, parfois accompagnée d’un changement morphologique (gigantisme) qui favorise l’espèce introduite au détriment d’espèces locales, qu’elle va supplanter voire totalement éradiquer.

Selon l’Observatoire national de la biodiversité, les espèces envahissantes progressent à raison de six espèces supplémentaires par département tous les dix ans en métropole. Outre-mer, 60 des 100 espèces considérées par l’UICN comme les plus envahissantes sont déjà présentes. Le coût annuel des espèces exotiques envahissantes a été estimé à 38 millions d’euros par an par le Commissariat général au développement durable (CGDD) pour ce qui concerne la France. Et entre 9 et 12 milliards d’euros au plan européen selon une étude de l’Institut pour une politique européenne de l’environnement (IEEP).

Leur détention, transport vivantes, introduction volontaire ou non dans le milieu naturel sont strictement encadrés par un nouvel arrêté ministériel en date du 14 février 2018 : n’hésitez pas à le consulter ici.

 

SOURCES / Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire et Actu-environnement.com